" CHEVAL OBLIGE
II " est un manuel d'équitation, décrivant les différentes étapes, (du
Cheval cohérent au Cheval juste), du travail musculaire de base du
cheval. Cette progression peut être suivie et appliquée par tout cavalier, quels
que soient son niveau et son âge. Elle s'adresse à tous les chevaux, quelles
que soient leurs origines, leurs races et leurs pratiques ou destinations équestres.
Ce sont d'ailleurs les raisons nécessaires et suffisantes qui ont amené certaines
hautes personnalités à adhérer naturellement et spontanément à ce travail méthodique
illustré par le manuel cité ci-dessus, au demeurant traduit en anglais et espagnol.
Ces personnalités, reconnues du monde des sports, des arts et des lettres ont
bien voulu apporter leur témoignage écrit dont voici quelques extraits.
" ...Vous avez réalisé là
un manuel dont ne voudront pas se passer tous ceux qui souhaiteront réellement
entrer dans le monde du cheval... "
28/08/1999
Jean-Jacques GUYON
Champion olympique de CCE
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Michel
FEVRIER
Extrait du manuel d’équitation intitulé :
à paraître prochainement.
Auteur : Michel FEVRIER, né le 29 juillet 1947

NEW, trotteur français, appartenant à Madame Joelle ROUX, monté par Michel FEVRIER.
Tout d'abord, il sait se montrer très compréhensif vis à vis du cheval dans son entité ainsi que dans sa globalité, ce qui explique la qualité de son travail.
De plus j'ai été agréablement surpris par sa philosophie ainsi que par les termes ostéopathiques qu'il emploie alors qu'il n'a jamais fait de formation dans ce domaine. Cela montre bien que sa discipline est intimement liée à la notre.
Nous avons eu l'occasion de parler, ensemble, à diverses reprises, ce qui nous a permis d'échanger et partager des idées. Ainsi je ne peux que complimenter sa volonté et sa motivation qui, aujourd'hui, nous permet d'en apprendre d'avantage et d'avoir un bon exemple de professionnel dans notre domaine.
D'ailleurs ce professionnel respecte et adhère à l'idée que chaque corps de métier rattaché au milieu équin a son importance et donc, qu'une seule spécialité ne pourrait se charger correctement de tout.
Parmi ces qualités, il est un des rares entraîneurs qui se préoccupe à la fois du confort du cheval mais aussi du cavalier afin d'optimiser leurs performances. Ces préoccupations lui permettent d'accorder de l'importance aux notions et aux techniques qu'il nous apportera dans la prévention de pathologie ainsi que des conseils que nous pourrons donner à nos cavaliers.
Enfin, sa motivation lui a permis d'apprendre énormément sur le terrain en plus de la théorie, ce qui fait de lui quelqu'un d'expérimenté. Nous avons la chance aujourd'hui de pouvoir le faire intervenir pour pouvoir échanger avec lui et surtout apprendre.
L’EDUCATION FONCTIONNELLE DU CHEVAL
PRESENTATION
Nous sommes en 2008. L’équitation n’échappe pas, comme beaucoup d’autres activités sportives, à une évolution certaine. L’équitation de loisirs prend toute sa place, reléguant les centres équestres dans un rôle moins technique, vers une activité touristique. Les grandes écoles d’enseignement pour les cadres (par exemple l’Ecole Nationale d’Equitation de Saumur, pour la France), continuent cependant de propager la tradition équestre et les grands principes qui la soutiennent.
Elle s’ouvre, bien évidemment, aux nouvelles exigences d’un public qui demande plus de convivialité et de respect de la personne et de l’animal. De nouvelles méthodes d’approche du cheval foisonnent. L’éthologie, les « chuchoteurs », l’équitation américaine, passionnent les cavaliers par des démonstrations ponctuelles et spectaculaires.
Ces méthodes obéissent à des codes précis, faisant évoluer le cheval, à pied et monté, en se référant au principe du « dominant » et du « dominé ». C’est en fait, une manipulation, qui ne laisse au cheval aucune chance d’échapper à son cavalier. La méthode employée est une « gestuelle » ayant pour but la soumission par une contrainte liée à la peur du cheval de désobéir. Mais le problème de fond n’est pas résolu pour autant.
Quel est-il ?
Tout enseignement sert à faire progresser l’individu, dans quelque discipline physique et/ou intellectuelle que ce soit. Or, en ce qui concerne l’équitation, le principal intéressé par la question n’est pas le cavalier mais le cheval lui-même. En effet, si on apprend comment fonctionne l’animal, on va savoir comment le travailler pour pouvoir ensuite l’utiliser, en toute connaissance de cause. Cette étude va être menée à partir des constatations physiques et mentales défectueuses de l’animal acquises depuis sa naissance. La méthode pour remédier aux problèmes que rencontre le cheval, est simple et efficace. C’est le cheval, lui-même, qui donne la mesure de ce qu’il peut faire, en tant que « sujet actif », c’est au cavalier de se mettre au niveau de la progression de son cheval, en tant que « sujet passif ».
C’est un échange, d’égal à égal, qui va s’opérer entre les deux partis.
L’enseignement pratiqué par toutes les méthodes d‘équitation s’adresse exclusivement à ce qu’exige le cavalier de son cheval alors que celui dispensé dans ce présent manuel : « L’Education Fonctionnelle du Cheval », s’adresse exclusivement à ce qu’exige le cheval de son cavalier.
Dans ces conditions, la position du cavalier à cheval ne va plus être la règle de base qui est remplacée par la priorité donnée au « positionnement » du cheval. Le cavalier va devoir infléchir sa position en fonction de l’avancement de la progression technique de son cheval. C’est le cheval, en progressant lui-même, qui va amener son cavalier à s’améliorer. C’est le seul moyen, pour le cavalier d’arriver à trouver sa position, en équilibre permanent sur le dos de son cheval, ce dernier l’acquérant au fur et à mesure de sa progression.
Ce n’est plus le cavalier qui met le cheval en équilibre, c’est le cheval qui met en équilibre son cavalier.
INTRODUCTION
La nature et la culture peuvent se poser en termes de facteurs indispensables à l'homme sur le plan environnemental. C'est la nature qui nous fait vivre, c'est la culture qui nous fait progresser.
La compréhension du monde animal se fait au prix de l'observance de la loi naturelle qui le régit, appuyée sur une sensibilité acquise sur un fond historique. Ainsi les pays et plus encore les régions du monde ont-elles des approches bien différentes quand il s'agit du monde animal.
Si l'on s'attarde plus spécifiquement sur le comportement du cheval, on peut remarquer des différences notables entre des conceptions plus ou moins élaborées de son utilisation. Les buts n'étant pas les mêmes, la potentialité de son exploitation n'est pas évaluée de façon identique.
Les modes de conception de son approche diffèrent donc, à la mesure des potentialités culturelles. Ainsi toutes les formes de pensée équestre existent du fait du passé ayant engendré une recherche plus ou moins approfondie de sa meilleure utilisation.
Des références se mettent alors en place permettant de mieux se reconnaître, mieux se ressembler et donc se rassembler. Le poids de la tradition vient alors accentuer cette volonté de s'accrocher à ces repères et de n'en démordre que très difficilement, le mieux étant toujours l'ennemi du bien…
Ainsi sont établis les dogmes de l'école française d'équitation, de l'équitation allemande, de l'équitation espagnole, l'équitation américaine, etc…, à coups de pensées péremptoires assénées par des maîtres les singularisant et les illustrant dans le souci de servir le bien commun.
C'est bien là que nous en sommes aujourd'hui, nul ne peut le contester, exceptée la nature elle-même. Parce que la nature se fiche éperdument de savoir de quel pays, de quelle équitation ou de quelle race est tel ou tel cheval!
Le cheval ne peut pas obéir à des pensées d'ordre humain car il est soumis exclusivement à des lois que seule la nature peut lui dicter. Et c'est pour cette raison que :
"La pensée équine est supérieure à la pensée équestre car elle ne peut obéir qu'à ses justes inclinations naturelles" (1)!
(1) Citation :"Cheval Oblige II" par M.Février aux Editions Publibook,
Jericho de l’Etape par Camille DROGOUL

Cheval au trot de travail :
Remarque :
Ce couple cavalier cheval présente une harmonie évidente due à la parfaite cohérence des trois parties du corps du cheval formant un bloc homogène, dans le désir impérieux de se porter dans le mouvement en avant, par une impulsion réactivée à chaque foulée.
Kiwi de l’Etape par Camille DROGOUL :

Le contrôle sur la locomotion, le comportement, le potentiel énergétique et les fonctions organiques du cheval est la problématique de la « chose équestre » que doit prendre en compte tout cavalier digne de ce nom. En effet, si le cavalier n’est pas responsable des défectuosités physiques et mentales du cheval à sa naissance, son souci majeur, puisqu’il a décidé, en toute liberté, de prendre en compte et à sa charge à cent pour cent, la vie d’un autre être vivant, doit être de lui assurer, en le respectant, une vie qui lui permette de mieux supporter tous les handicaps liés à sa naissance. Autrement dit, le cavalier va s’attacher à réduire, au maximum, toutes les imperfections d’ordre physique et a fortiori mental du cheval qui les subit, si son cavalier ne lui donne pas les moyens de pouvoir les corriger. C’est donc dans un protocole d’accord que va s’établir la relation cavalier/cheval, dans un souci d’apprendre à se connaître mutuellement, enrichissant ainsi l’éducation de l’un à travers l’autre et vice-versa. L’un comme l’autre vont devoir tenir compte des paramètres existentiels communs régissant la vie de l’être humain et de l’être animal.
C’est du ressort exclusif du cavalier de se conformer à ce pacte et d’y faire adhérer son cheval. Il ne s’agit aucunement d’imposer sa volonté, il s’agit de faire coopérer deux êtres vivants, dans le seul souci de ne pas porter atteinte à leur propre intégrité physique et mentale. Le respect des lois naturelles imposées à tout être vivant est le fil rouge conducteur de toute la progression du travail d’amélioration de la condition du cheval, depuis sa naissance jusqu’à sa mort.
Cela n’est pas évident lorsque l’on parle de dressage. En effet, la différence fondamentale entre le dressage et l’éducation, c’est que, dans le premier cas, on peut très bien faire fi des réticences du cheval à se soumettre, puisque, par définition, le cavalier impose sa volonté au cheval jusqu’à sa « reddition » complète. Dans la majeure partie des cas, c’est donc sur des rapports de force que se bâtit la relation cavalier/cheval, au détriment (jamais à l’avantage) d’un vainqueur et d’un vaincu.
La vraie et bonne problématique qu’il faut alors se poser, c’est d’envisager l’hypothèse de la participation pleine et entière du cheval à sa formation physique et mentale, l’une étant indissociable de l’autre. Et c’est à cette condition nécessaire et suffisante que pourra s’élaborer entre le cavalier et son cheval une sorte de contrat, (autrement dit une base d’accord) admis d’une façon définitive par les deux parties. Le cheval éduqué devient alors une réalité. C’est la recherche de l’épanouissement de son bien-être, avant toute autre considération.
La formulation : Education Fonctionnelle du Cheval va prendre alors tout ce son sens, car le cavalier va devoir s’intéresser au comportement du cheval, et plus particulièrement à ce qui concerne sa locomotion et tout ce qui s’y rattache, afin de pouvoir établir, à l’issue de cette étude, une technique prenant en compte tous les paramètres visant au bien-être physique et mental du cheval :
Comme tout être vivant, le cheval, être de chair, de sang et d'os, est assujetti à toutes les petites misères plus ou moins prononcées inhérentes à l'état de son moral ou de son physique. Elles peuvent être bénignes ou accentuées en fonction certes de l'âge (le corps vieillit irrémédiablement). Elles peuvent aussi être atténuées ou provoquées et même aggravées selon le soin avec lequel le cavalier va les appréhender.
Bien souvent nous avons du mal à admettre que le cheval puisse souffrir. On entend bien ici ne pas mettre en cause la bonne volonté du cavalier qui, croyant bien faire, ne se rend pas compte du préjudice qu'il peut porter au moral et au physique de celui pour qui il dispense une énorme affection et pourtant si peu d'attention. On ne peut pas condamner celui ou celle qui ne sait pas, seulement attirer son attention sur ce qu'on peut appeler la théorie du "point douloureux".
Le souci primordial, la responsabilité première du cavalier est de prendre en compte, à chaque étape de la progression de son travail, le degré de résistance du cheval à la demande de son cavalier. On peut la classer en quatre catégories : celle de la raideur, celles des résistances proprement dites de poids et/ou de force et enfin celle de la défense. Toutes ces résistances peuvent être plus ou moins renforcées, à l'état naturel, selon la conformité, l'âge ou la race.
Le cheval manifeste son état de stress par l'opposition du physique à exécuter ce que lui demande son cavalier. Cela se traduit au plan de la raideur par une "retenue" de se livrer complètement; au plan de la résistance de poids par une "pesanteur" du poids tête-encolure sur les mains du cavalier; au de plan de la résistance de force, par un "refus" de prendre le mors (coups de tête ou tête dans le poitrail); au niveau de la défense, par un "rejet" total du cavalier.
Il faut maintenant comprendre le processus qui peut mener le cheval jusqu'à refuser que le cavalier puisse le monter. Il faut donc aller chercher ce fameux point douloureux. Ensuite, après l'avoir trouvé, il va falloir agir de telle sorte qu'on le réduise jusqu'à le faire disparaître. Pour ce faire, il nous faut entrer dans le mécanisme de la résistance en situant précisément son point de départ (la cause) et son point d'arrivée (les conséquences.)
Si on admet communément que c'est la poussée des postérieurs qui fait monter les épaules, faisant se soutenir le bloc tête-encolure, rendant le cheval cohérent et permettant de le diriger facilement, on comprendra mieux que le foyer des forces propulsives, se situant dans l'arrière-main peuvent devenir, à l'occasion, des forces d'opposition. Si l'on considère que le cheval est un être qui ne peut pas tricher, ni faire semblant, c'est parce qu'il aura mal à cet endroit, qu'il ne pourra donc pas exécuter ce qu'on lui demande.
Les conséquences vont immanquablement se porter sur l'avant-main et plus particulièrement sur la bouche du cheval, et donc de l'acceptation ou non du mors. C'est ainsi que tous les désordres engendrés par un manque de musculation du dos du cheval (manque d'équilibre, bute, tombe sur les genoux, se met sur les épaules, manque de cohérence, tourne bien à gauche mais pas à droite, se « sauve » après avoir sauté, ne marque pas l'arrêt, etc.) se répercutent sur sa bouche, élément organique fondamental de la conduite du cheval, de la régularisation de ses allures et de la maîtrise de sa vitesse.
" Un cheval qui accepte le mors, c'est un cheval qui acquiert la souplesse et la puissance musculaire suffisantes pour le faire"
Techniquement, en dressage, les rapports de force font que le résultat n’est jamais à la hauteur de ce que l’on escompte, ne serait-ce que par des erreurs d’appréciation qui nuisent aux développements du comportement, de la locomotion et du potentiel énergétique du cheval. L’erreur d’appréciation fondamentale est de travailler trop tôt le « cheval en place », le réduisant systématiquement à limiter le travail du développement de ses allures et de l’amplitude de ses mouvements en deçà des cinquante pour cent de son potentiel.
Pourquoi ? Le « cheval trop tôt en place » développe des résistances propres à se soustraire à l’étau des mains et des jambes car il n’est pas bien positionné. Ainsi, le moindre relâchement de la pression du cavalier, se traduit par un déséquilibre du cheval, soit vers l’avant (cheval sur les épaules) soit vers l’arrière (cheval encapuchonné), soit vers les côtés (dérobades). Le ressort de la ligne du dos (la colonne vertébrale) ne peut pas travailler dans une extension complète puisque le cheval est « en place ».
Comment expliquer à un cavalier que son cheval « n’engage pas ses postérieurs » alors que le dos du cheval est soumis à une pression constante de sa colonne vertébrale vers le bas, à cause de la lourdeur du poids de son cavalier d’abord et de l’accentuation de cette pression sur la dite colonne subissant une « rétraction » constante de ses connexions intervertébrales, du fait que le cheval est coincé entre l’action contradictoire de la main et de la jambe ?
Il ne faut pas oublier non plus le défaut de rectitude de la colonne vertébrale du cheval, plus incurvé d’un côté, à la naissance et donc, plus étiré de l’autre. Cela bloque donc les possibilités d’extension latérale égale de chaque côté de la ligne du dessus, aggravant ainsi le déficit de sa rectitude puisqu’un de ses côtés est « exagérément » en extension et que l’autre, par voie de conséquence, est « exagérément » en rétraction.
Enfin, et ce n’est pas la moindre des résistances, celle qui « fige » les épaules, et qui perturbe le déplacement le travail des deux pistes. Après s’être assoupli dans le travail longitudinal et latéral, il reste à la ligne du dessus à s’assouplir dans le sens transversal. Le résultat à atteindre, en travaillant sur le déplacement des épaules et des hanches vers la droite et la gauche, est de débloquer la ligne du dessus par le travail de rotation des vertèbres.
Il va bien falloir résoudre ces trois problèmes, fondamentaux en équitation, en réduisant ces trois imperfections : longitudinale, latérale et transversale de la colonne vertébrale. Mais ce n’est pas le seul problème que rencontre le cavalier. Avec, le cheval « en place » le cavalier va rencontrer un problème d’ordre de mise en place musculaire.
Le fonctionnement des muscles :
Une sommité mondiale des pathologies locomotrices du cheval, Jean-Marie DENOIX, professeur à l’Ecole Vétérinaire de Maisons-Alfort, est la meilleure référence qui soit pour démontrer comment le muscle fonctionne et, par voie de conséquence, le dommage fait par le cheval travaillé en place, sur le potentiel du cheval.
Pour faire court, ce célèbre vétérinaire a démontré que l’activité des muscles ne réside pas uniquement dans leur raccourcissement, mais aussi et surtout, dans leur allongement.
La contraction est dite « concentrique » quand le muscle se raccourcit. Les deux extrémités musculaires (les tendons) se rapprochent. La conséquence, c’est que cette contraction a lieu dans le mécanisme d’ouverture des angles articulaires, notamment lors de la propulsion.
La contraction est dite « excentrique » quand le muscle s’allonge. Les deux extrémités musculaires (les tendons) s’éloignent. La conséquence, c’est que cette contraction a lieu dans les actions de contrôle et d’amortissement des mouvements.
Ainsi, c’est bien le travail en contraction « excentrique », donc, en allongement du muscle, qui est primordial pour développer sa puissance et ainsi améliorer son efficacité dans sa détente.
Plus les angles articulaires vont « s’ouvrir », plus forte sera la propulsion, plus puissant sera le muscle et plus la détente sera évidente. Et c’est uniquement, à cette condition, que le mouvement peut acquérir son amplitude maximale.
Si le cavalier garde son cheval « en place », dans une attitude de « rétraction », il ne peut en aucun cas, travailler en allongeant les muscles au maximum, il ne peut travailler que sur cinquante pour cent de ses possibilités. Pourquoi ? Le muscle travaillant en demi-étirement, donc , quand il se rétracte, en demi-raccourcissement, il ne travaille qu’à la moitié de sa puissance énergétique réelle, son efficacité dans sa détente sera ainsi réduite de moitié, ainsi que l’ouverture des angles articulaires dans sa propulsion. De plus un manque de souplesse évident « durcit » la musculation du dos du cheval, du fait que tous les éléments de connexion, (entre les os et articulations), tendons et ligaments en subissent directement les conséquences. Le dos du cheval devient « dur », au détriment de la souplesse des liaisons musculaires et articulaires.
Le travail de la musculation du cheval « en place » peut-être assimilé à celui de la « gonflette », cher aux culturistes.
Dans l’équitation classique, il arrive, (l’exception confirmant ainsi la règle) qu’une certaine catégorie de cavaliers parvienne à travailler le cheval « en place », en le maintenant, dans un temps limité, dans une attitude décontractée. C’est l’apanage, et çà, il faut bien le savoir, de cavaliers doués, uniquement.
Mais là encore, l’écueil principal subsiste et ne peut être évité. Le cavalier ne peut qu’approcher la limite des cinquante pour cent du potentiel du cheval, sans jamais pouvoir l’atteindre. Au fil des années, ce potentiel s’amenuise, faute de ne pouvoir apporter au cheval les réserves nécessaires et suffisantes pour le faire progresser vers les cent pour cent de son potentiel.
Leurs activités équestres dépendent alors de critères bien précis leur facilitant leur travail par une sélection de chevaux et de cavaliers susceptibles d’être doués eux aussi, ou de posséder les moyens nécessaires pour se faire connaître. Il ne faut pas oublier que l’équitation, comme tout autre sport, n’échappe pas à sa commercialisation, compétition oblige.
L’enseignement et la pédagogie actuelle de l’équitation classique ont atteint, aujourd’hui, un niveau nettement insuffisant, ne permettant pas au plus grand nombre d’accéder à l’équitation dite « supérieure ».
Et le manque de moyens, par exemple, celui d’avoir des chevaux avec un potentiel correct, n’est pas une excuse. En effet, tous les chevaux, en liberté, piaffent, font du passage, changent de pied, exécutent des pirouettes, sautent des obstacles naturels, sans aucun problème. Ils ont donc tous, en eux, cette aptitude à pratiquer toutes les figures et mouvements de l’équitation supérieure.
Et dire qu’il n’y a que deux sortes de cavaliers, ceux qui comprennent tout et qui n’ont besoin d’aucune explication, d’une part et ceux qui comprennent rien et qui comprendront jamais rien, d’autre part, c’est donner trop d’importance à une minorité. Et quid, de ceux qui veulent savoir comment le cheval fonctionne qui représente la majorité des cavaliers, sinon, c’est vraiment à désespérer de tout ?
Le fonctionnement des articulations, des tendons et des ligaments:
Il est essentiel que les connexions articulaires, tendineuses et ligamenteuses puissent fonctionner à « plein régime » pour permettre la transmission optimale du mouvement, lui donnant à la fois toute la souplesse et la puissance inhérentes au potentiel « acquis » par le travail du cheval. Le but étant de faire engager les postérieurs du cheval sous la masse permettant ainsi de lui faire monter les épaules, il est donc fondamental que toutes ces connexions puissent avoir la fluidité et la solidité nécessaires pour ce faire.
Or, dans la pratique de l’équitation classique, du travail du cheval « en place », le cavalier s’attache à vouloir à tout prix faire engager les postérieurs du cheval, sans se préoccuper de la capacité réelle de son cheval à pouvoir s’exécuter. Autrement dit, il ne se soucie pas de savoir si la ligne du dessus est suffisamment étirée pour permettre justement un plus grand engagement des postérieurs sous la masse. C’est ce qui s’appelle « mettre la charrue avant les bœufs ».
Comme il pense que le dos de son cheval est suffisamment musclé, il pense, ipso-facto, que la colonne vertébrale est suffisamment étirée et que les hanches pourront s’abaisser, provoquant l’engagement de toute la jambe postérieure et la flexion du jarret et du boulet, sans dommages pour ces articulations, ce qui ne va pas sans risques, si toute cette action manque de dosage. Les jarrets et les boulets sont très sollicités, par ces efforts qui peuvent se transformer très vite en exactions, si son cavalier n’y prend garde ! Les conséquences peuvent en être dramatiques, l’indisponibilité du cheval pouvant durer longtemps.
Comme le travail en étirement de la ligne du dessus et celui de la musculation ne sont effectués qu’à cinquante pour cent du potentiel du cheval, dans une conséquence logique, la transmission du mouvement et l’engagement maximal des postérieurs du cheval ne pourront se faire qu’à cinquante pour cent du potentiel acquis par le cheval. De plus, comment établir la mesure permettant de savoir si le cheval est prêt ou non ? Et c’est le cheval qui en pâtira, plus que son cavalier qui trouvera alors toutes les excuses pour se dédouaner d’un manque de préparation.
Encore une fois, seule, l’exception qui confirme la règle, c’est-à-dire le cavalier surdoué, pourra « sentir » ce moment, mais dans la limite, toujours, hélas, des cinquante pour cent du potentiel acquis de son cheval ! Et ce potentiel s’amenuise au fil des années, les réserves lui permettant de le perdurer ne pouvant être mises en place.
Il ne faut pas oublier non plus, pour assurer le bon fonctionnement du cheval, de prendre en compte, non seulement sa locomotion, mais aussi la bonne marche de ses fonctions organiques. Elles font partie intégrante des conséquences du travail de musculation et de souplesse plus ou moins bien mené par le cavalier.
Les fonctions organiques :
Le célèbre dicton : « Le cheval est un et indivisible » est plus que jamais d’actualité. De même que le travail de musculation et de souplesse doit être mené en même temps, de même toutes les fonctions organiques : respiration, circulation sanguine, digestion, alimentation et élimination des déchets vont être sollicitées en permanence dans ce travail.
Elles contribuent, pour beaucoup, même si beaucoup de cavaliers ne s’en rendent pas compte, à l’optimisation de leur travail technique.
Déjà, le cavalier peut se rendre compte, de visu, de l’état de fraîcheur de son cheval. La « colique du lundi » ou le « coup de sang » ou une sudation trop élevée ont des conséquences néfastes sur la santé du cheval. Un effort trop grand demandé au cheval, sans qu’il y soit suffisamment préparé en est la cause.
La colique est dû à un blocage du fonctionnement des intestins, les matières fécales ne peuvent plus s’évacuer, le cheval risque la mort. Pour le coup de sang, l’accumulation de toxines ne peut s’évacuer par les voies urinaires, le fonctionnement des reins étant bloqué. Comme pour la colique, les conséquences peuvent en être dramatiques.
Le cheval qui transpire beaucoup pendant un effort peut avoir, à plus ou moins longue échéance, des problèmes de circulation du sang et de respiration. Un cheval bien préparé transpire à des endroits bien précis, là et uniquement là où les « points de force » du cheval doivent s’exprimer : la partie arrière des postérieurs et les articulations des épaules.
Le cavalier doit veiller à l’hygiène de la bouche de son cheval (dentition, langue, mâchoires, commissure des lèvres). C’est un organe très sensible et bien évidemment une pièce maîtresse dans la conduite du cheval. Le cheval qui « passe la langue » par-dessus le mors devient très vite incontrôlable. Attention aux « mains dures » !
L’état physique du cheval est étroitement lié à une maîtrise plus ou moins grande de ses émotions dont le siège se trouve dans le cerveau, le système nerveux du cheval pouvant en être perturbé.
Le système nerveux :
Il est composé de neurones reliés entre eux par des chaînes synaptiques. Ce sont des transmetteurs qui donnent des ordres au cerveau et qui permet de faire réagir très vite le cheval. Une nervosité trop grande, (sursaut au moindre bruit, inquiétude permanente se traduisant par un œil sans arrêt en mouvement et donc par un manque total d’intérêt envers son cavalier), témoigne d’une mise en confiance et d’un travail insuffisants.
Les conséquences en sont autant dommageables au cheval qu ‘au cavalier. La problématique de l’équitation est de parvenir à gérer les émotions du cheval.
L'émotion se caractérise par un état de stress qui peut être d'origine mental ou physique et dont la cause est toujours déterminée par une agression extérieure à l'être vivant ou liée directement à un mal-être intérieur. La conséquence se traduit par un état d'excitation, bien ou mal ressenti, pouvant le conduire à des comportements réactifs excessifs, voire extrêmes.
L'homme comme le cheval n'échappe pas à cette composante naturelle, innée, comme à tout autre être vivant fait de chair, d'os et de sang. Chez l'homme, on peut citer l'exemple du vertige, la peur du vide. Mais d'une façon plus générale, l'homme peut arriver à vaincre certaines de ses peurs. La raison intervient alors qui lui permet de pouvoir contrôler certaines de ses émotions l'empêchant ainsi de nuire à lui-même ou à autrui.
Or il en va tout autrement de l'animal. L'animal, en effet, ne possède pas cette faculté de self-contrôle comme l'être humain. Toute son existence est ancrée sur des pulsions régies par les lois de la nature. Il n'a donc pas cette possibilité maîtriser ses émotions, excepté si on le met dans les conditions d'une bonne disposition physique et mentale qui peut lui faire oublier ses douleurs.
L'animal est réceptif à tout ce qui peut lui faire du bien mais aussi à tout ce qui peut éviter de lui faire du mal. C'est sur ce terrain là que doit s'engager tout cavalier digne de ce nom. La conformité longiligne de son squelette ne facilite pas la chose. Naturellement, il a tendance à creuser son dos et aussi à s'arc-bouter d'un côté plus que de l'autre. Alors imaginez donc, avec en plus le poids du cavalier sur son dos!
Il faut donc prendre la nature comme elle est et faire avec. Et avec la nature, il n'y a pas de mystères. Il faut simplement renforcer la musculature du cheval pour qu'il supporte la charge qui pèse sur son dos. Les raideurs et résistances de toutes sortes disparaîtront au fur et à mesure de la progression du travail musculaire que lui prodiguera son cavalier . Le cheval aura tôt fait de se rendre compte de cette amélioration qu'il attribuera à la justesse de la monte de son cavalier.
Il prendra confiance jusqu'à ne plus craindre quoi que ce soit, du moment que son cavalier ne montre lui-même aucun signe d'inquiétude. Ainsi va se créer une vraie relation entre ces deux êtres vivants et l'un comme l'autre pourront s'encourager mutuellement dans les moments difficiles. Et même si son cavalier fait une erreur, le cheval croira que c'est de sa faute et fera tout pour la rattraper.
C'est alors, et alors seulement, que le cheval, en prouvant qu'il est capable de faire face à un imprévu très rapidement, montre qu'il est capable ainsi, de maîtriser parfaitement ses émotions.
(En ce qui concerne les dysfonctionnements d’ordre mental, ils se situent au niveau de la mémoire et plus exactement de la mémoire affective qui se manifeste dans les cinq sens, la vue, l’odorat, l’ouïe, le toucher et le goût. Par exemple, dans un cas extrême, un cheval peut très bien réagir vivement en revenant dans un endroit où il se souviendrait d’avoir subi un mauvais traitement. Si le cavalier ne connaît pas cet historique, il ne comprend pas du tout l’attitude soudain nerveuse de son cheval. Ce qui prouve bien que toute souffrance mentale a une origine venant de l’intégrité physique qui a été atteinte.
L’intégrité physique peut être touché par des empreintes visibles ou invisibles, compréhensibles ou incompréhensibles, le travail de désensibilisation devient inévitable, sans garantie de résultats probants. (Il faut remarquer que les chevaux profondément atteints ne sont pas légion et qu’il faut éviter bien évidemment d’acquérir ce genre de cheval).
REMEDE
Il ne faut jamais perdre de vue que tout mouvement provoquant le déplacement du cheval a une incidence générale sur le comportement global du cheval, à la fois sur son physique et son mental.
Cela se traduit, sur le plan de la pratique, par une conjonction du travail de la musculation et de la souplesse. On ne peut, ni ne doit, dissocier l’un de l’autre.
Le but à atteindre c’est, qu’au fur et à mesure de la progression du travail de la musculation du cheval, ce dernier se mette en place, en appliquant cette démarche incontournable, à partir de l’étirement de la ligne du dessus vers le bas, obtenir, par les trois phases de cession décrites ci-dessous, l’étirement vers le haut, dans un équilibre horizontal quasi-parfait.
C’est le cheval qui se met en place, ce n’est plus le cavalier qui le lui impose, comme dans l’équitation classique.
La mesure de cette progression ne peut être donnée que par le cheval, à charge au cavalier de suivre et de respecter, dans l’esprit d’abord et à la lettre ensuite, la possibilité d’amener son cheval vers les cent pour cent du potentiel à acquérir.
Cette mesure, dans la progression du travail, est graduée par rapport à la décontraction constante que le cheval doit manifester dans le travail à la longe ou monté.
La méthode utilisée passe par trois phases utilisées pour arriver à la décontraction totale des trois points de raideur de l’avant-main caractérisés par ceux de la bouche, de l’articulation axo-atloïdale et les épaules.
1 - décontraction de la bouche :
Les photos, ci-dessous, vous présentent le travail du cheval en cession longitudinale vers le bas, la décontraction de la bouche ne pouvant être obtenue définitivement que dans l’obtention de l’allongement du bout de nez vers l’avant, l’angle de cession ne dépassant pas les 45 degrés.
C’est une condition nécessaire et suffisante prouvant que la ligne du dessus est complètement étirée, que tous les disques intervertébraux jouent leurs rôles et permettant à chaque vertèbre de se positionner sur le même axe. C’est ce positionnement qui commande la cohérence de la colonne vertébrale et par là même, la cohérence des trois parties du cheval, l’avant-main, le corps et l’arrière-main, solidaires pour mettre en place les postérieurs du cheval sous sa masse, condition sine qua-non pour obtenir créer l’équilibre nécessaire et suffisant permettant le soutien de l’avant-main.

Il est fondamental d’obtenir cette cession d’abord à la longe pour une raison bien simple :
Il faut habituer le cheval à travailler en extension complète ce qui est très difficile à obtenir avec le cavalier sur son dos. Il faut donc tenir compte de cette hypothèse de base :
Il faut concevoir que le cheval n’a jamais travaillé dans ce positionnement et qu’il peut y avoir des dysfonctionnements intervertébraux à l’origine plus ou moins aggravés par des dégâts collatéraux plus ou moins graves (ligaments abîmés), dépendant du travail monté.


Dans le travail monté, le résultat à obtenir est le même que dans le travail à la longe. L’étirement maximale de la ligne du dessus montre la possibilité pour le postérieur droit du cheval, de se mettre en place sous la masse, sans efforts apparents, l’amplitude de la foulée apparaît, par l’extension complète du postérieur droit du cheval, qui transmet alors le mouvement d’une façon fluide, les articulations de l’arrière-main (hanche-jarret-boulet) jouant à fond leur rôle d’amortisseur et non de support de la masse du cheval.
La conséquence du travail de l’extension de la colonne vertébrale dans la cession longitudinale est la mise en place des postérieurs du cheval sous la masse qui implique la réalisation de la première phase de l’obtention de l’équilibre du cheval. Afin de consolider la pérennité de cet exercice, il faut compter environ entre une moyenne de quarante séances environ avant d’entamer la seconde phase, la cession latérale.

Un point remarquable :
Il faut que les deux oreilles du cheval soit sur le même plan afin que le cheval marche droit. Si le cheval bascule la tête, cela veut dire que les postérieurs ne sont plus dans la trace des antérieurs, donc que l’impulsion se déporte vers la droite ou la gauche. Dans ces conditions, le mouvement en avant est rompu. Il n’y a plus de solidarité des trois parties, donc plus de cohérence .
2 - Décontraction de l’articulation axo-atéroïdale :
Quand la cheval a acquis, à la moindre pression des doigts, à la longe ou monté, la faculté de s’étendre complètement, on peut passer à la seconde phase qui va amener le cheval à renforcer le soutien de son avant-main, donc de son équilibre. Après avoir obtenu, dans la première phase, l’avancée des postérieurs sous la masse, cette seconde phase va permettre leur engagement.
L’articulation axo-altéroïdale permet la rotation de la nuque du cheval vers la droite ou la gauche. En décontractant cette articulation, la colonne vertébrale du cheval va être amené à s’étirer latéralement, vers la droite et vers la gauche. Il est bien évident que l’extension d’un côté provoque la flexion de l’autre. Ainsi, la ligne du dessus, par cet exercice, va devenir plus malléable, donc acquérir plus de souplesse.
Travail à la longe :

L’effort du cheval va se porter sur une avancée prononcée du postérieur extérieur, exercice rendu possible par l’extension latérale adéquate. Sur cette photo, on voit bien que c’est le côté latéral droit qui est en extension.
Le fait de rendre ainsi les deux côtés plus souples va avoir comme conséquence logique de parfaire la rectitude de la colonne vertébrale donc de contribuer à l’acquisition du cheval droit.



Les trois photos ci-dessus illustrent bien comment le cheval est capable de soutenir son avant-main par l’engagement des postérieurs au pas ou au trot. La trace des postérieurs couvrent bien la trace des antérieurs, le cheval est droit.


Ces deux photos illustrent bien, dans le travail monté, l’engagement des postérieurs sous la masse, l’une sur un engagement du postérieur externe, et l’autre sur le postérieur interne, les deux postérieurs, sur chaque image, marchant droit, dans la trace des antérieurs
Comme dans le travail de décontraction de la bouche, le cavalier doit faire attention à ce que le cheval ne bascule pas la tête et que les deux oreilles soient sur le même plan horizontal.
La régularité de la foulée donc de la cadence va se traduire par l’augmentation de l’amplitude de la dite-foulée. Arrivée à son paroxysme d’amplitude, la foulée va alors s’exprimer dans la troisième phase par la poussée des postérieurs sous la masse.
Décontraction des épaules :
Travail à la longe :

Le fait de déplacer le cheval en pas de côté, le déplacement transversal se situant du côté opposé de l’incurvation du cheval, amène la colonne vertébral à travailler sur la rotation des vertèbres.
La poussée des postérieurs sous la masse sera d’autant plus probante que le travail sur l’éloignement du postérieur sera effectué par l’obtention du travail de décontraction totale des épaules.
Travail monté :


Application : l’appuyer :

De la formation élémentaire à la formation supérieure du cheval.
Le manuel « CHEVAL OBLIGE II », dans la progression de la formation élémentaire du cheval, a démontré comment on arrivait à obtenir, du cheval, le « RASSEMBLER », par la mise en place de ses « forces propulsives », prêtes à favoriser les allures de haute école, le cheval ayant franchi la barre des 50% de son potentiel, à sa naissance.
Le présent manuel a pour but, à partir du rassembler, d’établir la formation supérieure du cheval, dans la mise en œuvre de ces allures pour les exploiter, au plus haut niveau, qui s’inscrit dans un schéma conduisant à faire évoluer le cheval, toujours avec calme, en avant et droit, le cheval se rapprochant des cent pour cent de son potentiel à acquérir.
1. Rappel des critères de formation de base du cheval ou de sa formation dite « élémentaire »
La formation élémentaire du cheval a eu comme résultat la transformation de ses forces « instinctives » en forces « propulsives ».
1-1. Les forces instinctives :
Ce sont toutes les forces « naturelles » du cheval plus ou moins disposées à se mettre en œuvre pour satisfaire les demandes de son cavalier. Aussi, elles peuvent se mettre en opposition, voire se radicaliser jusque dans les extrêmes, par l’expression physique de défenses plus ou moins sévères. Ces résistances proviennent de deux sortes d’incapacité étroitement liées, l’une physique et l’autre, d’ordre mental. Elles se traduisent par des refus de passer des obstacles, de tourner à droite, etc…, bref de se soumettre à la volonté du cavalier. Le seul moyen pour en venir à bout est de faire céder le cheval, puis de faire en sorte de lui donner la musculation et le mental nécessaires et suffisants pour qu’il puisse exécuter ce qu’on lui demande. Il a donc fallu transformer ces forces « instinctives » en forces dites « propulsives ».
1-2. Les forces propulsives :
Ce sont toujours les forces « naturelles » du cheval (donc instinctives) mais qui sont entièrement disposées à se soumettre à la volonté de son cavalier. Le fait d’avoir bien musclé le cheval en le transformant en cheval-athlète, a contribué à lui donner les capacités physiques et mentales à bien exécuter ce que lui commande son cavalier. Pour obtenir ce résultat, il donc fallu faire céder le cheval, autrement dit, le mettre dans les conditions où il ne peut qu’obéir. La méthode technique employée se déroule en trois phases de cession allant « crescendo », annihilant progressivement, les trois degrés de résistance plus ou moins importantes que le cheval possède à sa naissance. En effet, le cheval, comme tout être vivant ne naît pas « parfait », le travail du cavalier sur ces « imperfections naturelles » est primordial pour construire le cheval-athlète, musculation et souplesse obligent.
1-3. La cession :
En fait, il y a trois stades de progression dans la cession et on peut dire qu’il existe trois cessions. Cela va de pair avec le degré de résistance du cheval, qui correspond aussi à trois stades de résistance. Ainsi la cession se décompose en cessions longitudinale, latérale et transversale. La cession longitudinale a pour objet d’étirer la ligne du dessus du cheval qui marche droit sur la ligne droite ou le cercle, la cession latérale, celui d’étirer chaque côté externe de la ligne du dessus sur la ligne droite ou le cercle, la cession transversale en agissant sur la rotation des vertèbres composant la ligne du dessus permettant ainsi, dans le travail des deux pistes, le déplacement des antérieurs (dont la trace n’est plus suivie par celle des postérieurs), par leur croisement.
La cession transversale va permettre au cheval d’acquérir et de renforcer la souplesse et la musculation des épaules pour obtenir :
1-4. La résistance clinique :
La résistance du cheval se décompose en trois degrés. D’abord, la résistance dite « initiale » dont la cession longitudinale va venir à bout, puis la résistance dite « résiduelle » dont la cession latérale va se débarrasser, enfin, la résistance dite « originelle » dont la cession transversale va réduire quasi-définitivement, les dernières velléités de la résistance du cheval En effet, il est remarquable de constater que chaque stade de cette résistance a un point d’impact sur le physique du cheval. Dans l’ordre de chacune de ces résistances, la première met en évidence des dysfonctionnements du jeu des vertèbres dans le sens longitudinal, la deuxième, dans le sens latéral, et la troisième, dans le sens transversal. Les vertèbres doivent acquérir une mobilité dans ces trois sens et le résultat fait que la ligne du dessus améliore considérablement sa rectitude, toutes les connexions y afférent, fonctionnant en harmonie.
1-5. La résistance technique :
Comment ces trois degrés de résistance se manifestent du point de vue du cavalier ? On peut dire que la résistance dite « initiale » correspond aux différentes désobéissances que le cheval montre et que tout un chacun peut constater : refus à l’obstacle, refus de tourner, refus d’avancer, de s’arrêter, etc…Ensuite la résistance dite « résiduelle » se manifeste d’une façon plus subtile quand, par exemple, le cavalier a des difficultés pour faire appuyer ou changer de pied, son cheval, manifestement, le travail de l’étirement latéral doit être poursuivi pour y arriver. Enfin, au dernier degré de cette résistance, la résistance dite « originelle », c’est la difficulté de mettre un cheval en haute-école, passage, piaffer, etc… car, dans ce cas de figure, il faut vraiment que la ligne du dessus ait été assouplie de telle façon que la poussée des postérieurs, dans un travail de musculation du dos du cheval en simultané, se fasse dans une décontraction et une régularité sans failles.
1-6. Le potentiel du cheval :
Chaque cheval est marqué, à sa naissance, de possibilités physiques et mentales inhérentes à sa propre identité. Il existe une inégalité de fait, naturelle, et personne n'y peut rien. On peut donc admettre que ce sont les chevaux les mieux armés musculairement et mentalement qui seront les meilleurs. La compétition rend compte de ce fait avéré car, en règle générale, les chevaux les plus performants sont toujours en tête. Encore faudrait-il s'entendre sur la définition exacte du terme performance.
En effet, il n'est pas certain que ce soit toujours celui qui possède des prédispositions naturelles les plus marquées qui gagne toujours. Trop souvent, la hiérarchie bouge au fur et à mesure du déroulement du nombre de compétitions. Le cavalier met, ipso facto, cela sur un état de fatigue normal. La question se pose alors de savoir pourquoi les chevaux subissent des baisses de forme. Posée en ces termes, la question ne peut être résolue car le cavalier aura toutes les bonnes raisons de justifier la méforme de son cheval. Et pour lui, la faute en incombera uniquement au cheval. La réponse à la question "pourquoi" engendre donc toute facilité de se justifier "soi-même" par des mauvaises réponses.
Posons alors la question autrement : « comment » se fait-il que mon cheval soit fatigué? Quand on pose la question ainsi, le cavalier est obligé de répondre à un problème technique. Il va donc prendre sur lui toute la responsabilité de chercher à savoir ce qui a conduit le cheval à cet état de fatigue sans qu'il s'en soit aperçu sinon au moment où, son cheval, à bout de forces, a commencé à faire des fautes. Et la réponse sera qu'il n'a rien fait qui puisse permettre au cheval de rester dans la forme gagnante qu'il avait en début de saison. La performance est immanquablement liée à une notion de durée et non d'actes isolés brillants certes, mais sans lendemain. La réponse à la question "comment" engendre toute facilité de justifier sa responsabilité entière par une seule bonne réponse mais aussi et surtout toute la difficulté de se remettre en question soi-même.
On peut en conclure déjà que ce n'est donc pas le cheval le plus doué qui obtiendra les meilleurs résultats le long de sa carrière. Un cheval moins doué mais constamment entraîné aura sur la durée des résultats supérieurs. Un potentiel un peu plus faible au départ ne cessera alors de s'accroître et de se renforcer au fil des saisons de compétition. Il est certain que ce cheval n'atteindra jamais les hauteurs de performance de l'autre mais, au moins, aura-t-il été managé de telle sorte qu'il ait pu aller presque à la limite de ses propres possibilités sans jamais avoir à en souffrir. Imaginez un peu ce qu'il en aurait été de celui dont le potentiel énorme n'a pu s'exprimer à cause de son cavalier? Ah! vous aussi, vous en connaissez de ces cavaliers!
L'évaluation du potentiel d'un cheval n'est pas quelque chose d'insurmontable à apprendre. Il faut quand même se rendre compte qu'on n'a rien à faire dans une course de Formule 1 avec une 2CV! Vous riez, mais regardez bien autour de vous, y'en a, croyez-moi! Il y a plus souvent, de la part de son cavalier, une surévaluation du potentiel du cheval qu'une sous-évaluation et c'est humain, d'une certaine façon. Le côté affectif fausse le jugement et il n'est pas bon de suivre son avis. Le seul qui soit capable de nous le montrer est encore le cheval lui-même. Depuis la nuit des temps les hommes « crient » à la tête des chevaux avec les résultats que l'on connaît. Qu'arriverait-il si seulement un seul d'entre nous pensait à le prendre (le penser) tel qu'il est et non pas tel qu'il voudrait qu'il soit.
Le potentiel du cheval est à la mesure de la capacité réelle du cheval à restituer, avec un cavalier sur son dos, toutes les allures et mouvements qu'il développe naturellement, sans difficultés ni douleurs, seul et en toute liberté. Le cavalier, s’il veut arriver à se rapprocher le plus près possible des cent pour cent du potentiel de son cheval, doit veiller, à chaque fois qu’il le monte, à réduire ses défauts ou défectuosités de naissance par son éducation fonctionnelle et ceux acquis par la suite, par une rééducation fonctionnelle.
Ce que l’on peut dire, c’est que les imperfections naturelles que le cheval, comme tout être vivant, possède à la naissance, conduisent à considérer que l’on peut améliorer ce potentiel par un travail adéquat. Il est de 50%, à la naissance. Le but est qu’il arrive à acquérir 100% de ses capacités réelles. En ayant été placé dans les conditions de franchir la barre symbolique des 50% de son potentiel illustré par l’acquisition du « RASSEMBLER », il lui faut maintenant continuer cette progression, il est sur la pente montante d’une progression constante, les 100% de son potentiel étant l’ultime objectif à atteindre. Bien évidemment, atteindre les 100% équivaut à dire que la perfection a été atteinte, le challenge consiste donc à s’en rapprocher la plus possible, seul, le cheval d’ « obédience surnaturelle » peut atteindre ce pourcentage de 100%. Il n’empêche que n’importe quel cheval peut s’en rapprocher.
1-7. L’exploitation du potentiel du cheval :
Pour finaliser ce résultat optimal, cette recherche s’effectue en trois phases :
Pour vaincre les trois degrés de résistance suivants :
Pour atteindre les trois objectifs suivants:
Pour permettre :
Pour construire :
Pour obtenir :
(1) Concerne toutes les données acquises par le cheval lors de la première phase
(2) Concerne toutes les données acquises par le cheval lors de la deuxième phase
(3) Concerne toutes les données acquises par le cheval lors de la troisième phase
Pour les deux premières phases, se référer au manuel « Cheval Oblige II ».
La troisième phase a été mentionné dans ce manuel et décrite d’une façon classique, donc succincte. Son approfondissement a été nécessaire afin de parfaire la cession du cheval. Il fallait trouver la synthèse permettant au « Cheval Eduqué » d’être à la fois cohérent, athlète et artiste. L’Equitation Classique différencie ces trois phases car la cohérence du cheval, à la base, si elle est nécessaire aussi bien pour le cheval-athlète que le cheval-artiste, est insuffisante pour permettre au cheval de pouvoir exceller, à la fois, dans les deux disciplines majeures que sont celles du Dressage ou de l’Obstacle. L’Equitation Classique considère que l’entraînement du cheval d’obstacle ne peut pas être poussé à fond comme celui du dressage. Et c’est logique, d’une certaine façon, le fait de pouvoir « rassembler » le cheval au galop est nécessaire et suffisant pour qu’il puisse faire des parcours de classe régionale, nationale, voire internationale. C’est là où finit très précisément « Cheval Oblige II » et commence alors la présente étude.
C’est l’approfondissement de ce travail de cession, dans la recherche le la « cession transversale » qui va amener le cheval au maximum de ses possibilités physiques et mentales et lui donner ainsi toutes ses chances pour qu’il puisse aussi bien faire de l’obstacle que du dressage, dans la limite bien évidemment, de son potentiel propre.
La cession transversale, en réduisant le dernier bastion de la résistance originelle, va provoquer la décontraction des épaules, autrement dit celle de la dernière pièce maîtresse, (après la décontraction de l’articulation axo-altéroïdal et celle de la bouche), permettant au cavalier de posséder l’entière maîtrise des forces propulsives du cheval et de pouvoir, physiquement et donc mentalement, les mettre en œuvre et les utiliser à bon escient. En effet, le cheval se trouve en situation de pouvoir pousser ses postérieurs sous la masse, toutes les données de préparation décrites ci-dessus, ayant été respectées à la lettre. Dans cette optique, le résultat sera que, dans le travail sur le plat, la foulée du cheval atteindra son amplitude maximale dans le travail au pas, au trot ou au galop, la foulée « bondissante » étant nécessaire tant en dressage qu’à l’obstacle..
1-8. Conclusion sur la formation élémentaire du cheval :
Il résulte de cette formation élémentaire un point remarquable définissant la colonne vertébrale du cheval comme la « ligne du dessus » du cheval. Or, à la naissance, cette pièce maîtresse de la charpente osseuse du cheval n’est pas homogène. Cela veut dire qu’elle est constituée de « chaînons vertébraux » (cervicaux, dorsaux, etc…) que le travail de musculation et de souplesse permettent de les « solidariser », donc de les rendre cohérents. La formation élémentaire ainsi dispensée permet au cheval, dans un premier temps de bien établir les connexions des vertèbres entre elles et d’obtenir cette cohérence entre les différents groupes de vertèbres, longitudinalement et latéralement. Par ce travail de musculation et de souplesse y afférent, le cheval cohérent devient cheval-athlète, puis cheval-artiste. Dans la nature, quel que soit son potentiel, le cheval saute, piaffe, passage, change de pied, etc.... Toute la problématique de sa formation supérieure est posée car, le cavalier, avec le poids sur son dos, devra obtenir ce résultat.
La recherche de l’équilibre du cheval est nécessaire pour redresser ce défaut prioritaire du poids et de la force mal répartis entre l’avant-main et l’arrière-main, elle est suffisante si on s’attache à rendre leur support, la ligne du dessus ou la colonne vertébrale, en continuelle évolution da sa souplesse, dans les sens longitudinal, latéral et transversal. Dans les sens longitudinal et latéral, les postérieurs du cheval marchent dans la trace des antérieurs, dans le sens transversal, les postérieurs et les antérieurs se déplacent sur deux, voire trois ou quatre pistes différentes.
La nouveauté, objet de ce manuel, vient de la découverte du dernier maillon propre à rendre le cheval définitivement musclé et souple, c’est-à-dire, la pratique de la cession dite « transversale », base de l’équitation dite « supérieure ».
